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2006 Dresden Dolls : Yes, Virginia - [par Kether]

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Après leur irrésistible ascension, ces dernières années, tout le monde attendait les poupées de Dresde au tournant. Rappelons rapidement quelques éléments pour revenir sur le phénomène « dolls ». Il a suffit d'une « private party » au champagne dans un rade branché parisien, quelques concerts intimistes assez remarquables (dont un live fabuleux à la Boule Noire), un premier album éponyme fragile et magique et au final la bénédiction de Trent Reznor, dénicheur de jeunes pousses, qui les a invités pour ses premières parties de sa « Tournée avec les dents ». Presque un an, après, ils reviennent se livrer au test délicat du « second vrai album ». Ca commence plutôt mal. Le parti pris du mastering a été en effet de tout axer sur la voix d'Amanda et de laisser la batterie très loin tandis que le piano est souvent carrément étouffé par les vocalises de la belle en bas rayés. Trois metteurs en son pourtant, et plutôt des « pros ». Ce qui explique le côté bancal de Yes, Virginia. La grâce fragile du premier album semble s'être envolée et pourtant on retrouve les mêmes éléments. Soit ce cabaret punk, entre les Pistols et Kurt Weill. Mais l'alternance ballades / titres speed et échevelés fait désormais figure d'une resucée peu inspirée. Le pire est atteint avec la chanson «Modern Moonlight » et son chœur poussif. Il faut attendre la moitié de l'album « Alcoholic friends » pour tomber sur des chansons plus intéressantes mais qui, paradoxalement s'éloignent du style des dolls. Mentions spéciales pour « Dirty Business » et «First Orgasm » qui mettent de côté certains maniérismes du début de l'album et redonnent à la batterie de Brian sa véritable place. Deux vraies chansons épileptiques, tristes et chaotiques. De même « Me and the minibar » et « Mandy go to med school », chansons plus mainstreams qui font une lecture ironique du succès foudroyant des dolls sont beaucoup plus intéressantes que les scories parodiques qui ouvrent l'album. « Necessary Evil » tente de refaire un tube comme « Girl anachronism » mais rate sa cible. A l'inverse « Sing », malgré des paroles un peu naïves, façon Gold «laissez nous chanter ! » arrive à être touchante.

Album assez mitigé, sorte de virage vers la notoriété mal négocié, Yes, Virginia risque pourtant de plaire encore plus aux nouveaux fans. L'exégète hardcore se contentera de ronchonner et d'attendre le prochain album.