Pour sa première signature, le tout jeune label Archetyp a eu du nez, dans un style aussi surchargé que l'ambient indus, pas évident de sortir un album qui se tienne et ne lasse pas. Une bonne tranche d'indus ambiant nous arrive donc du avec FLESH ON STEEL, une carcasse d'acier qui s'avance inexorablement vers nos tympans inquiets. Percussions sur grilles de fer sur fond de drones lancinant, lorgnant par moment vers des plages me rappelant des choses comme Cruenta Voluptas de Non et tant qu'on est dans les comparaisons, je citerais aussi les nouveaux aux dents pointues de l'atmos-indus : Cheerleader 69, Westwind, BB3, Triatoma ou Dusk Of Hope ; ce genre de sons et d'atmosphère semble être en pleine expansion dans l' hexagone pour le plus grand bonheur de mes ouïes et je suis surpris de la personnalité propre qui se dégage de chacun de ces projets cotonneux. ‘I saw a ghost in the mirror,' … ‘…and it laughed back at me', mystère et paranoïa se côtoient Flesh On Steel voit des fantômes et communique avec eux. Le morceau ‘Notausgang' sur lequel s'éveillent des percussions plus dures que vers le début de l'album, samples de variétoche disco allemande hyperkitsch, croisement de voix affolées et insensées dans tous les sens comme dans les films lorsque les poltergeists sont de sortie… apporte une touche d'humour parmi tous ces paysages inquiétants. Chez Flesh On Steel comme chez Triatoma ou Thar Mapsal, il y a énormément de sons auxquels prêter l'oreille aussi l'écoute n'est pas lourde et ne repose pas uniquement sur l'hypnose. L'ambiance est curieuse, on murmure à mon oreille …Les titres utilisés font aussi beaucoup pour l'intérêt général de cet objet sonore : ‘how is it going to end… ?' et ses 15 minutes idéales pour qui voudrait s'essayer à la lévitation… les morceaux qui suivent retournent à une veine plus dure comme au départ, une grille métallique sous disto dans un parking souterrain …des sons très froids, des messages dans les hauts parleurs… brrrrrr …le malaise est plus présent sur le dernier morceau ‘continuum' qui se balade dans les sphères froides et désolées à la Electronic Press Kit seul moment de l'album ou j'ai un peu de mal à tenir nerveusement. Un excellent boulot, une ambiance surprenante dans laquelle se laisser glisser, une envie soudaine d'aller faire un tour au grenier pour jeter un œil dans cette malle mystérieuse qui renferme certainement de dangereux mystères … et quelques fantômes.