Après « Yula » sortis en 2003, Othilia, (duo d’explorateurs sonores) chausse à nouveau ses pataugas et repart, sac à l’épaule et bâton en main, à la découverte de nouveaux horizons et de continents oubliés ou disparus.
Sous une pochette magnifique, cette nouvelle production de chez « Divine Comedy » nous entraîne dans un univers particulier, une ambiance propre et mystérieuse qui n’est pas sans rappeler certains côtés de Biosphère ou de Stéroïd Maximus, je pense bien sûr à « Quilombo ».
Mais « Continent » surprend également par son traitement minimal avec des passages qui frôlent la techno et qu’on rêverait d’entendre pendant une bonne after, par exemple. Accents jazzys ou classiques qui évoquent certaines œuvres d’Erik Satie.
Vaudou ? Tibétain ? Mélange salutaire et mythographique de diverses musiques et peut être aussi d’époques. Ce disque confronte pas mal d’instruments (cordes, vents et percussions) et efface la notion de territoire au profit du continent, frontière naturelle et moins limitative.
Les voix sont curieuses, incantatoires mais jamais agressives. Les percussions caressent plus qu’elles ne bastonnent.
A noter le Titre 5, excellent titre trip-hop avec une diction en français atonale.
On pourrait définir Othilia comme de l’ethno ambient mais tout terme me semble trop réducteur pour définir cette musique qui évite la facilité « cinématographique » par un rejet total du grandiloquent et parvient à susciter une émotion contemplative. De fait, l’ambiance est plutôt littéraire, Stevenson ou Conrad.
Le tout étant servi par un mastering idéal et subtil qui retranscrit à la perfection les nuances et la profondeur de cet album.
En langue indienne « Vagari » signifie à la fois voyage et rêve. Un mot qu’on peut rapprocher du verbe vagabonder. Othilia estompe la frontière entre les périples lointains et les voyages intérieurs. Superbe.